ORANGE BUSINESS : « Les différentes générations ne doivent pas travailler les unes à côté des autres, mais ensemble »

 

Comment avez-vous vu évoluer les méthodes de travail, les relations professionnelles et les profils au sein des équipes d’Orange Business au fil des années ?

J’ai toujours travaillé avec beaucoup d’autonomie et de collaboration. Nous fonctionnions déjà par objectifs, et cela n’a pas vraiment changé. En revanche, les outils ont profondément transformé notre manière de travailler.

Au début de ma carrière, on se déplaçait énormément pour rencontrer des clients ou participer à des réunions d’organisation. Aujourd’hui, près de 90 % des réunions se déroulent en ligne, y compris lorsque les participants se trouvent dans la même ville. Cela représente un gain de temps considérable et permet d’enchaîner davantage de réunions dans une même journée. Cette évolution a entraîné une accélération générale du rythme de travail. Les jeunes générations, qui ont grandi avec internet et les réseaux sociaux, sont naturellement plus préparées à cette instantanéité. De mon côté, j’ai connu les débuts du courrier électronique. Aujourd’hui, l’e-mail paraît presque dépassé face à la multiplication des outils collaboratifs, des messageries instantanées ou des réseaux sociaux d’entreprise.

Une autre évolution importante concerne notre manière de réfléchir. Nous travaillons désormais beaucoup plus collectivement. Les réunions collaboratives se sont multipliées et la réflexion est davantage partagée. Cela dit, les approches restent variées. Certains jeunes collaborateurs conservent des méthodes plus traditionnelles, basées sur la préparation, la prise de notes et la réflexion en amont. D’autres privilégient davantage l’échange spontané.

 

Que vous apporte aujourd’hui le travail avec les jeunes générations ?

Les jeunes ont une capacité d’adaptation remarquable face aux nouveaux outils et aux nouveaux modes de communication. Ils sont souvent plus enthousiastes lorsqu’il s’agit d’adopter de nouvelles pratiques numériques.

Du côté des seniors, nous apportons davantage de recul sur les évolutions en cours. Par exemple, j’ai tendance à davantage documenter mon travail quand certains privilégient les échanges rapides. Cela ne signifie pas que les générations travaillent différemment dans leur quotidien : l’entreprise impose finalement à tous des méthodes relativement similaires. A 30, 40 ou 60 ans, nous utilisons les mêmes outils et nous devons nous adapter aux mêmes transformations. Les différences apparaissent davantage dans les discussions informelles, où les visions du monde peuvent diverger sur certains sujets comme les voyages, la consommation ou les projets de vie. Mais dans le travail lui-même, les écarts sont souvent moins marqués qu’on pourrait le penser.

J’observe par ailleurs un rapport différent aux interactions humaines. Certaines personnes travaillent aujourd’hui avec des collègues qu’elles n’ont jamais rencontrés physiquement. Les jeunes générations semblent plus à l’aise avec cette situation. Pour ma part, je continue à penser qu’une rencontre en face à face, une poignée de main ou simplement un repas partagé apportent quelque chose de précieux à la relation professionnelle.

 

Diriez-vous que les différentes générations sont complémentaires au sein d’une entreprise ?

Oui, clairement. Nous vivons actuellement une nouvelle révolution technologique avec l’intelligence artificielle. Dans notre activité, nous développons et commercialisons des services autour de ces technologies. Les jeunes générations adoptent très rapidement ces nouveaux outils parce qu’elles en comprennent immédiatement les usages. Beaucoup utilisent déjà ChatGPT ou des outils similaires dans leur quotidien.

En revanche, les collaborateurs plus expérimentés apportent souvent davantage de recul et d’esprit critique. Lorsqu’il s’agit d’évaluer la qualité d’un résultat, d’identifier les limites d’un outil ou de comprendre les enjeux métier sous-jacents, l’expérience reste un atout important. Je constate également que les jeunes collaborateurs accordent parfois davantage d’importance à l’équilibre de vie, à l’ambiance de travail ou à la dimension sociale de l’entreprise. Ce sont des attentes légitimes et qui reflètent une évolution de la société. Les seniors, eux, sont souvent plus attachés à la finalité du projet, à sa valeur pour l’entreprise ou pour le client.

 

Comment les seniors parviennent-ils à conserver leur légitimité face à des profils parfois plus à l’aise avec les nouveaux outils ?

Je ne suis pas certain qu’il y ait une opposition aussi forte qu’on le pense. Dans mon environnement professionnel, les collaborateurs sont généralement bien formés et suivent les évolutions technologiques. Récemment, j’ai assisté à une présentation sur la data et l’intelligence artificielle animée par une jeune collaboratrice de moins de 30 ans. Elle maîtrisait parfaitement son sujet. Les nouvelles générations arrivent souvent avec des connaissances très actuelles sur les usages et les méthodes.

La valeur ajoutée des seniors se situe davantage dans leur expérience, leur capacité d’analyse et leur compréhension globale de l’entreprise. Après plusieurs décennies de carrière, on développe une vision transversale des organisations, de leurs métiers et de leurs mécanismes de fonctionnement. Cela ne dispense pas de continuer à apprendre. Les évolutions sont si rapides qu’il faut constamment se remettre à niveau. J’utilise moi-même les outils d’intelligence artificielle mis à disposition dans l’entreprise, mais je conserve un regard critique sur les résultats obtenus. Dans bien des cas, le travail produit doit encore être vérifié, enrichi ou corrigé.

 

Quel conseil donneriez-vous aux entreprises pour mieux faire travailler ensemble les générations ?

Le plus important est tout simplement de faire travailler les gens ensemble. Dans les projets que j’ai menés au cours de ma carrière, les meilleures réussites ont toujours reposé sur la collaboration entre des profils différents. Pour construire une offre ou mener un projet à bien, il faut associer l’ensemble des acteurs concernés, du commercial jusqu’aux équipes opérationnelles.

L’âge ne devrait jamais être un critère de mise à l’écart. Un collaborateur junior doit pouvoir s’exprimer, poser des questions, remettre certaines idées en perspective et apporter sa contribution. Les équipes fonctionnent mieux lorsque chacun a la possibilité de participer, quel que soit son niveau d’expérience. Au fond, les différentes générations ne doivent pas travailler les unes à côté des autres, mais ensemble. Chacun possède une partie de la solution, et c’est la combinaison de ces compétences qui permet d’avancer.

 

 

Rentrée scolaire et bureau ne sont pas incompatibles !

1. Anticiper et planifier à l’avance

La clé pour réussir cette journée particulière est une bonne préparation. La veille de la rentrée, prenez le temps de tout organiser. Préparez les vêtements, le sac d’école, et assurez-vous que toutes les fournitures scolaires sont prêtes. Si possible, préparez également le petit déjeuner à l’avance pour gagner du temps le matin. Une bonne organisation permet de réduire le stress et d’aborder la journée avec plus de sérénité.

2. Négocier une flexibilité au travail

Si votre emploi le permet, essayez de négocier une certaine flexibilité avec votre employeur. Beaucoup de managers comprennent l’importance du jour de la rentrée pour les parents. Vous pourriez demander à commencer plus tard pour accompagner vos enfants à l’école, ou bien partir plus tôt pour les récupérer. Si le télétravail est une option, cela peut également vous permettre de gérer plus facilement les obligations scolaires et professionnelles.

3. Partager les tâches avec le partenaire

Si vous êtes en couple, il peut être judicieux de partager les responsabilités liées à la rentrée. L’un de vous peut s’occuper de l’accompagnement du matin, tandis que l’autre peut gérer le retour à la maison. Cette répartition des tâches permet à chacun de maintenir un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, tout en étant présent pour les enfants.

4. Impliquer les enfants dans la préparation

Impliquer les enfants dans la préparation de leur rentrée peut non seulement alléger votre charge mentale, mais aussi les rendre plus autonomes et responsables. Demandez-leur de préparer leur sac, de choisir leurs vêtements, ou même de vérifier qu’ils ont tout ce qu’il leur faut pour la première journée. Cela peut également renforcer leur enthousiasme pour le retour à l’école.

5. Accepter que tout n’est pas parfait

Il est important de se rappeler que tout ne se passera peut-être pas exactement comme prévu, et c’est tout à fait normal. Il se peut que le matin soit un peu chaotique ou que vous arriviez au travail avec un léger retard. L’essentiel est de ne pas vous mettre trop de pression. En acceptant une certaine marge d’imperfection, vous réduirez votre stress et celui de vos enfants.

6. Prioriser le bien-être des enfants

Enfin, il est crucial de garder à l’esprit que le bien-être des enfants est prioritaire en ce jour de rentrée. Leur offrir un départ calme et positif pour cette nouvelle année scolaire aura un impact durable sur leur attitude envers l’école. Même si cela signifie prendre un peu plus de temps le matin ou faire une pause dans votre journée de travail, ces moments de soutien sont essentiels pour eux.

La rentrée scolaire et le travail ne sont pas nécessairement incompatibles. Avec un peu de planification, de flexibilité et une bonne communication, il est possible de concilier ces deux aspects de votre vie. L’objectif est de commencer l’année scolaire sur une note positive pour vos enfants tout en maintenant votre engagement professionnel. En trouvant un équilibre entre ces deux mondes, vous pouvez transformer ce jour souvent stressant en une journée réussie pour toute la famille.

Rétablir l’équilibre

 Cela fait déjà de nombreuses années que les enjeux de RSE sont présents dans les organisations avec une intensité plus ou moins forte souvent liée aux réglementations administratives, aux problématiques politiques et aux malheureusement inévitables catastrophes climatiques ou environnementales, depuis Bhopal (1984) jusqu’à Fukushima (2011). En revanche, il est un domaine qui n’est pas toujours pris en considération à hauteur de l’enjeu, c’est l’impact social et économique de cette lutte contre un réchauffement climatique désormais avéré. En effet, l’activité même de l’entreprise est plus ou moins fortement impactée par ces politiques légitimes de protection de notre planète et des écosystèmes. Dans certains cas, les conséquences sociales et humaines semblent non pas oubliées mais un peu négligées sur le moyen long terme. Et pourtant, les engagements des entreprises s’inscrivent quasi toutes dans des politiques RSE ambitieuses et affirmées. 

On ne peut que constater un déséquilibre de fait – et par certains côtés, de droit – entre la responsabilité sociale et la responsabilité environnementale. Pour mémoire, la décision de bannir les véhicules à essence à l’horizon 2030 finalement repoussée semble vertueuse, mais son impact sur l’emploi est considérable. On peut l’accepter comme un mal nécessaire mais regretter dans le même temps qu’à cette décision politique au nom de la planète ne corresponde pas une autre décision politique au nom de l’humain. La question n’est en effet pas d’opposer, comme s’il existait une concurrence malsaine entre l’Homme et la Planète, mais au contraire de réconcilier les deux approches de manière beaucoup plus systématiques et en mesurant avec précision les deux impacts à égalité d’importance. Il en va non seulement de l’adhésion des populations à une nécessité de protection de notre environnement mais aussi de la cohésion sociale indispensable à tout changement de modèle durable. 

Ce constat peut se faire au niveau des États, mais tout autant au sein même des entreprises. Malgré une bonne volonté réelle, celles-ci développent des politiques sous l’impulsion des pouvoirs publics, mais également sous la pression de la société – avec parfois d’ailleurs des excès d’indignité dont on les accuse sans mesurer les fragilisations et même les destructions d’emploi que cela implique potentiellement. Certes toutes ne sont pas irréprochables, mais beaucoup tentent de trouver des solutions équilibrées. Les DRH ont leur responsabilité dans ce travail de réconciliation qui commence par mesurer les impacts humains des décisions avec un rôle d’anticipation sur les changements de métier, les nouvelles compétences à acquérir. C’est à cette fonction de porter aussi la communication des décisions RSE pour en démontrer l’équilibre entre enjeux environnementaux et enjeux sociaux. Le plus difficile est sans doute de faire admettre que ces engagements ne sont pas séparables, toujours au nom de la nécessaire cohésion sociale qui doit devenir le meilleur soutien aux politiques environnementales. C’est en cela d’ailleurs que les tenants d’une écologie culpabilisante et punitive se trompent lourdement dans leur approche. 

L’enjeu n’est donc pas de savoir si les politiques RSE relèvent ou non des RH – reprenant là un débat équivalent et sans fin sur la communication –, mais si elles sont co-construites entre la direction RSE et la direction RH. Dans certaines entreprises aujourd’hui, ces deux fonctions sont réunies, mais ce n’est pas une condition de réussite ni de cohérence. Il en va de même dans les enjeux de dialogue social pour que la stratégie de l’entreprise puisse être déclinée dans les instances dans ses quatre dimensions : économique, sociale, environnementale et financière. C’est par cette approche systémique et équilibrée que nous pourrons enfin avoir des politiques RSE ambitieuses, crédibles et respectueuses de l’humain comme de la planète, mais sans naïveté économique ou financière. Comme souvent, c’est une question d’équilibre, et il est certes positif de noter que nombre d’entreprises ont inscrit des enjeux RSE dans les bonus de leurs dirigeants, même si, à y regarder de plus près, ce sont quasiment toujours des critères environnementaux qui s’ajoutent à ceux plus classiques liés à la performance économique et financière. L’un des combats à mener pour la fonction RH est de faire admettre des critères de performance humaine et sociale à la même hauteur, d’abord pour elle-même, mais aussi pour tous les dirigeants. Cela existe un peu, mais c’est loin d’être suffisant face aux enjeux environnementaux et humains qui nous attendent !