IA ou recrutement : les entreprises françaises face à un nouvel arbitrage
Face à la pression sur les coûts, les entreprises françaises semblent de plus en plus tentées de miser sur l’intelligence artificielle plutôt que sur de nouveaux recrutements. Selon une étude Pleo, 51 % d’entre elles déclarent être davantage susceptibles d’utiliser l’IA que d’embaucher en raison de la hausse des cotisations sociales et du SMIC.
Cette tendance intervient dans un climat économique contrasté. Si 54 % des organisations françaises se disent optimistes quant à leurs performances en 2025, elles restent confrontées à plusieurs difficultés : inflation pour 42 % d’entre elles, factures d’énergie élevées pour 38 % et hausse du coût des biens, matériaux et services pour 31 %. Résultat : 68 % des décideurs financiers français disent subir des niveaux de pression sans précédent.
L’IA gagne du terrain
Dans ce contexte, l’intelligence artificielle apparaît comme un moyen de gagner en efficacité. 54 % des responsables financiers interrogés estiment ainsi qu’il est plus facile d’utiliser l’IA que de motiver les collaborateurs. Une proportion qui atteint même 74 % chez ceux qui utilisent déjà largement cette technologie.
Le mouvement devrait également transformer les recrutements. Plus d’un responsable financier sur deux (51 %) prévoit de mettre davantage l’accent sur les compétences liées à l’IA et aux nouvelles technologies lors des futures embauches.
Pour autant, l’adoption de l’IA n’est pas sans risque. 45 % des répondants considèrent déjà que leur entreprise dispose de trop nombreux outils et logiciels. Plus préoccupant encore : 68 % constatent des problèmes d’intégration et les collaborateurs consacreraient en moyenne 135 heures par an à jongler entre des outils mal connectés.
Augmenter les talents plutôt que les remplacer
L’enjeu n’est donc pas simplement d’ajouter de l’IA, mais de l’intégrer intelligemment. 64 % des responsables financiers considèrent qu’elle peut libérer les équipes des tâches répétitives afin qu’elles se concentrent sur des missions stratégiques et à plus forte valeur ajoutée.
La technologie devient alors moins un substitut aux collaborateurs qu’un outil pour augmenter leurs capacités. Objectifs clairs, outils bien intégrés, mesure des résultats et compétences adaptées seront déterminants pour trouver le bon équilibre entre performance technologique et capital humain.