Nestlé France : un engagement pionnier pour la santé mentale au travail
Nestlé France fait partie des premiers signataires de la Charte « Santé mentale au travail », initiée par l’Alliance pour la Santé Mentale. Pour Maylis Danné, Directrice Talents et Engagement, cet acte n’est pas seulement symbolique : il s’inscrit dans une démarche globale de bien-être, de prévention et de performance durable pour tous les collaborateurs du groupe.
Pourquoi le groupe Nestlé a-t-il souhaité faire partie des premiers signataires de la Charte, qu’est-ce que cela représente pour l’entreprise ?
Pour nous, c’était assez évident de faire partie des premières entreprises à s’engager. Cet engagement est directement lié à notre raison d’être : améliorer la qualité de vie et contribuer à un avenir plus sain. C’est une promesse que nous faisons à nos consommateurs, mais aussi, par cohérence, à nos collaborateurs. La prévention autour de la santé physique comme mentale, est un pilier historique de notre politique sociale et de notre démarche de qualité de vie et des conditions de travail (QVCT). Nestlé est un groupe industriel, avec 14 usines et 4 centres de R&D en France. Par construction, dans l’industrie, la santé et la sécurité sont au cœur des priorités. Et quand on parle de santé, on ne peut pas dissocier la santé physique de la santé mentale.
Au-delà de cela, Nestlé est un acteur économique majeur en France. Les entreprises ont un rôle à jouer dans la protection de la santé mentale. C’est une responsabilité sociale à part entière. Nous avons aussi voulu assumer un rôle de précurseur, aux côtés d’autres acteurs privés et publics, pour faire avancer ce sujet collectivement. Agir pour la santé mentale ne doit pas reposer pas uniquement sur le système de santé , sur le gouvernement ou le monde associatif : c’est une approche globale qui doit aussi impliquer les entreprises.
La santé mentale est longtemps restée un sujet tabou. Comment avez-vous vécu cette évolution, du silence à une parole plus ouverte aujourd’hui ?
Je trouve cette évolution très positive. Lever les tabous et mettre des mots sur les choses, c’est déjà une forme d’action. Pour qu’un sujet existe, il faut pouvoir le nommer. À titre personnel, je suis très convaincue de l’importance des sujets sociétaux de la RSE. D’un point de vue RH, faire du développement durable, c’est aussi rendre le travail durable et soutenable. Et agir pour la santé mentale est un levier fondamental pour y parvenir. Et cela va dans les deux sens car le travail est un puissant déterminant de la santé mentale.
Je crois en effet profondément que le travail peut être un facteur positif de santé mentale. Le Covid a malheureusement joué un rôle d’accélérateur de prise de conscience, en révélant l’importance du lien social et l’impact du travail sur l’équilibre psychologique. Il y a aussi eu, ces dernières années, des situations graves dans certaines entreprises qui ont marqué les esprits et contribué à faire émerger le sujet des risques psychosociaux dans le débat public.
La charte insiste sur la nécessité de « sensibiliser pour démystifier la santé mentale ». Comment Nestlé installe-t-elle un dialogue ouvert et durable sur ce sujet ?
La signature de la charte s’inscrit dans la continuité d’un engagement de longue date chez Nestlé. Nous avons l’habitude de signer des chartes lorsque nous avons déjà engagé des actions concrètes et que nous nous sentons légitimes pour porter un sujet. Chez nous, l’action précède souvent l’intention affichée. Concrètement, nous menons depuis plusieurs années de nombreuses actions de sensibilisation. Lors d’événements comme la Semaine de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail, nous organisons régulièrement des conférences pour parler de santé mentale et lever les tabous. Nous mettons également à disposition de nos collaborateurs une plateforme regroupant des ressources, des informations et des outils d’auto-évaluation autour de la santé mentale. L’objectif est que chacun puisse s’emparer du sujet à titre individuel. Ces actions s’inscrivent dans notre programme « Healthy Life » , un programme de santé et de bien-être porté au niveau mondial par le groupe Nestlé et structuré autour de plusieurs piliers : la nutrition, cœur de notre métier, l’activité physique, la conciliation travail et temps de vie et bien sûr, la santé mentale. Le fait que ce programme soit mondial permet d’ancrer durablement le sujet dans la culture de l’entreprise et de libérer la parole sur le long terme.
La formation des managers est un levier clé de la charte. Comment Nestlé les accompagne-t-elle sur ces enjeux ?
Les managers jouent un rôle essentiel, à double titre : dans la protection de la santé mentale de leurs équipes, mais aussi de la leur. Chez Nestlé, la formation des managers aux risques psychosociaux est obligatoire. Elle leur permet de comprendre ce que sont les RPS, d’en identifier les causes et les conséquences, et surtout de détecter les signaux faibles. Ils sont également formés à la notion de sécurité psychologique et au management inclusif. L’objectif est de leur donner les clés pour créer un environnement dans lequel les collaborateurs se sentent en confiance, respectés et capables d’être pleinement eux-mêmes au travail. C’est un prérequis fondamental pour une bonne santé mentale en entreprise.
L’amélioration continue fait partie des engagements de la charte. Comment Nestlé organise-t-elle le suivi et l’évaluation de ses actions ?
L’amélioration continue est très ancrée dans notre culture. Pour cela, nous nous appuyons sur une gouvernance structurée, composée de représentants des ressources humaines, de la direction générale, de la médecine du travail, ainsi que de partenaires externes, avec qui nous travaillons depuis de nombreuses années. Cette gouvernance nous permet de définir chaque année un plan d’actions, de le suivre régulièrement et de l’adapter en fonction des réalités des différents métiers. Nous nous appuyons à la fois sur des indicateurs quantitatifs et qualitatifs, et notamment sur nos enquêtes d’engagement, qui intègrent des questions liées à la qualité de vie au travail et au bien-être. Ces outils de mesure, associés à une gouvernance solide, nous permettent de piloter nos actions et de progresser en continu.
Comment Nestlé accompagne-t-elle les situations individuelles et les salariés fragilisés ?
L’accompagnement des situations individuelles fait pleinement partie des engagements de la charte. Il repose d’abord sur un triptyque essentiel : managers formés, équipes RH mobilisées et médecine du travail avec laquelle nous travaillons étroitement. En complément, nous mettons à disposition de tous nos collaborateurs, ainsi que de leurs familles, une plateforme d’écoute externe, accessible gratuitement 24h/24 et 7j/7. Les salariés peuvent y trouver un soutien psychologique ou social, assuré par des psychologues ou des assistants sociaux, en toute confidentialité. Nous avons également mis en place des dispositifs spécifiques autour de la parentalité et de l’aidance, car ces sujets ont un impact direct sur la santé mentale et ne s’arrêtent pas à la porte de l’entreprise. Ces actions s’inscrivent d’ailleurs dans le cadre du dialogue social et des accords négociés avec les partenaires sociaux.