ARM France : le jour où ils ont décidé de mettre l’Expérience Collaborateur au cœur de leur Marque

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Installé depuis 2000 dans la technopole de Sophia-Antipolis (Alpes-Maritimes), le hub français du géant mondial des processeurs cultive un goût pour l’innovation qui va bien au-delà de son cœur de métier. À travers ses valeurs, son mode de management et la qualité de ses installations, l’entreprise fait du bien-être au travail un impératif de son organisation. Et sait garder ses talents.

Par Julien Morello

ARM est un géant de la tech peu connu du grand public. Ses principaux centres de recherche sont disséminés dans le monde : Cambridge, San José et Austin aux États-Unis, Bangalore en Inde, et Sophia-Antipolis. Une faible notoriété due à son modèle économique fabless, fondé sur la propriété intellectuelle : Arm ne fabrique pas ses produits mais vend des licences d’accès à des fondeurs et reçoit des royalties pour chaque puce construite (plus de 200 milliards à ce jour). Cette discrétion est aussi cultivée par le groupe, comme l’explique Christophe Frey, directeur général de la branche française du groupe anglais depuis 2015 : « Dans notre vision, on a le mot ‘‘invisible’’, technology that invisibly enables opportunity for a globally connected population. On accède aux utilisateurs finaux à travers nos partenaires et nos clients. » Ainsi, rares sont ceux à savoir que le Cortex-A9 équipant les tout premiers iPhone a été conçu à Sophia-Antipolis…

 

Humilité, ouverture, et esprit de collaboration

Établi dans la technopole azuréenne depuis plus de vingt ans, Arm France est un hub en croissance constante, avec aujourd’hui un effectif de plus de 360 collaborateurs de 35 nationalités différentes. Pour intégrer une population aussi cosmopolite, où les échanges se font principalement en anglais, l’entreprise s’appuie sur trois valeurs essentielles : We, not I, Passion for progress et Be your brilliant self. « On met le collectif avant l’individuel, avance Christophe Frey, on veut toujours s’améliorer, pas uniquement dans notre domaine technique, et on reconnaît la valeur et la diversité de chaque individu. Ce sont des valeurs humainement positives. » Yves Laplanche, directeur des technologies logiques et analogues, confirme la réalité de cette démarche : « Chez Arm, c’est l’homme qui est au centre des préoccupations. On ressent bien que la valeur de l’entreprise c’est nous, c’est ce qu’on va créer, c’est ce qu’on est capables de faire. »

« Chaque personne a son mot à dire et son rôle à jouer, poursuit le manager. Il y a une culture du partage qui fait que les managers sont très ouverts. On ne ressent pas énormément les hiérarchies. » Dans les faits, chacun peut « être curieux et s’intéresser à tout », selon le DG, sans barrière hiérarchique ni tabou. « Toute question peut être posée. Quand les gens ont des idées, ils les expriment. Ils peuvent contribuer, se mêler de n’importe quoi, et on trouve que c’est bien. » Et ce à tous les niveaux, puisque « même notre PDG se fait énormément challenger ». Cette ouverture est également formalisée à travers le concept des One to one : des rencontres hebdomadaires ou bimensuelles entre collaborateurs et managers. « On échange sur leurs problèmes techniques, sur leurs problèmes personnels, ou sur des questions qu’ils peuvent avoir concernant la stratégie », explique Yves Laplanche. « Pour le bien-être mental, la reconnaissance individuelle, l’évaluation de la charge de travail, les besoins en développement, c’est vraiment très important, et c’est un standard qui n’est pas négociable », insiste Christophe Frey.

 

Un nouveau site pensé pour le monde hybride

Cette approche innovante se reflète aussi dans ses nouveaux locaux, deux bâtiments d’un total de 6 000 m2 pouvant accueillir 420 collaborateurs. Livrés en 2020 et répondant aux normes Leed et Well sur le bien-être et l’impact environnemental, ils avaient anticipé les contraintes de la crise sanitaire (avec des capteurs de CO2 et des systèmes de ventilation performants), mais aussi ses conséquences sur la nouvelle organisation hybride du travail. « Nos sites doivent être des destinations qui attirent les gens », explique le DG, également vice-président Workplace du groupe. Misant sur la « flexibilité naturelle » et le choix des collaborateurs « d’utiliser ce qu’il leur faut » selon leurs missions, le but est de « suivre l’activité des gens » : « Dites-nous ce dont vous avez besoin et on vous fournira autant que possible une solution adaptée. »

Aussi, tout y est pensé pour garantir une qualité de travail et de concentration optimale et favoriser les échanges. Doté d’une acoustique exceptionnelle et d’un éclairage intelligent, chaque espace est conçu pour une fonction déterminée, que ce soit pour des conf call, des collaborations impromptues ou des réunions plus formelles. De plus, Arm France a choisi de supprimer les bureaux individuels. Les managers sont ainsi regroupés dans une leadership zone ouverte et sans porte, et tous les collaborateurs disposent des mêmes équipements : « C’est la culture de l’entreprise, tout le monde est traité équitablement, en fonction de ses besoins », assure celui qui en a chapeauté la conception.

 

Des offres collaborateurs inventives

Offrant une vue splendide sur les sommets du Mercantour, le site est doté d’installations garantissant un bien-être constant. Salle de sport dernier cri, douches avec serviettes fournies, casiers individuels, terrasses végétalisées, salles de repos, salles de soin où les collaboratrices qui allaitent peuvent tirer leur lait, barista, restaurant servant une nourriture saine, bio et locale, sans compter une salle de répétition pour les ingénieurs mélomanes ou des vestiaires pour cyclistes équipés d’armoires chauffantes, tout est fait pour choyer les équipes.

Les employés d’Arm disposent aussi d’offres collaborateurs attractives. En plus d’un système de bonus appelé partnership award, « distribué au fur et à mesure des années », ils bénéficient d’un voluntary day pour participer à des actions solidaires, d’un compassionate leave pour s’occuper d’un proche dans le besoin, et d’un day of care bimestriel. Le clou de ces offres de fidélisation est le sabbatical, donnant un mois de congé supplémentaire tous les quatre ans d’ancienneté. « En France, je ne pense pas avoir entendu quelqu’un d’autre faire ça », affirme le directeur général. Pour Yves Laplanche, « la qualité de vie, l’intérêt du travail, les conditions de coopération, le fait que les gens se sentent bien dans l’entreprise sont définitivement des facteurs permettant de fidéliser les ingénieurs ».